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mardi 16 décembre 2008

Gimp logiciel pour les pros?


’Gimp pour les photographes’ chez Pearson

16 décembre 2008 dans Livres


Bettina K. Lechner publie chez Pearson un ouvrage dédié à l’utilisation du logiciel libre GIMP par un photographe professionnel agrémenté d’un CD ROM comprenant les photographies originales et la dernière version du logiciel libre de retouche.

L’auteur va tout d’abord vous initier aux bases de la photographie numérique grâce à des explications sur les formats, la résolution, la gestion des fichiers ou la technique des calques. Vous apprendrez ensuite à améliorer le cadrage, les couleurs ou la netteté de vos images, puis à retoucher vos photos et réaliser des montages réalistes. Vous pourrez enfin retravailler vos images en vue de leur publication sur le Web, de leur impression ou de leur tirage dans un labo photo.

Les principales utilisations de Gimp sont passées en revue, accompagnées de conseils pratiques et illustrées de centaines de photographies.

Pour être pratique et pragmatique, l’éditeur intègre un CD contenant les photographies originales en haute résolution pour reproduire les techniques détaillées dans le livre, ainsi que la dernière version du logiciel Gimp au moment de l’impression, début décembre.

Bettina K. Lechner est passionnée de photographie. Elle travaille depuis plus de 10 ans dans les domaines de la photo, du graphisme et du webdesign. Grande utilisatrice de Gimp, elle anime des formations où elle partage ses expériences et ses astuces sur le logiciel.

"Gimp - Pour les photographes du numérique" de Bettina K. Lechner, Pearson. ISBN-10 : 2-7440-9236-3. 176 pages. 23,75 euros en promotion sur pearson.fr/

mercredi 10 décembre 2008

Comparaison Canon à Canon

mardi 9 décembre 2008

Objectifs

Photographe de rues

Robert Frank à Paris

Robert Frank à Paris

Voir les photos : Les photos de Robert Frank


Rencontrer Robert Frank peut changer une vie. Et à défaut de lui serrer la main, de se faire filmer ou photographier par lui, de l'entendre parler de son art et de sa pratique, il suffit de regarder ses photos, de voir ses films pour saisir à quel point cet homme-là est inscrit dans le monde, comme nul autre. Le plus facile, lorsqu'on évoque son regard, c'est de dire qu'il a été dès les années 1950, le précurseur de la photographie de rue - celle-là même qui fleurit depuis le début des années 2000, notamment dans les blogs de mode. Ce regard sur le monde aux alentours, Robert Frank ne l'a pas eu par hasard. Il faisait partie des attributs de son monde, qui incluait des gens comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg, c'est-à-dire des artistes qui regardaient le monde différemment, le scrutait dans son quotidien, dévoilant l'Amérique comme jamais auparavant, des routes à la drogue. Le plus beau avec Robert Frank, c'est sans doute son geste d'abandon de la photographie la plus commune pour aller vers autre chose, vers un art plus intime, plus expérimental, à la fois en film et en photo. Un art de la reconstruction du réel, comme si, après avoir donné des visions très exactes de ce qui se passait dans la rue, il lui fallait construire autre chose, d'autres images, plus mirifiques, moins formatées aussi.

Récemment, l'éditeur allemand Steidl a entrepris de rééditer son oeuvre. Plusieurs livres sont sortis, ainsi que des coffrets de films. Parmi les premiers, il y a un ouvrage totalement inédit : Paris, qui reprend des photos de Robert Frank faites à la fin des années 1940 et au début des années 1950, lorsqu'il vivait à Paris ou y était de passage. L'exposition du Jeu de Paume reprend 83 photographies constituant l'oeuvre qui a fait connaitre Frank, son livre les Américains, publié pour la première fois en 1958, en France. On y verra aussi 79 de ces clichés faits à Paris, qui dévoilent une ville tout à fait différente de celle des années 2000, comme à des siècles de distance. Dans son regard, Paris semble un autre monde, mais en même temps parlera de manière très ouverte aux lecteurs des livres de Patrick Modiano : on y distingue un Paris comme enfoui dans les strates de la mémoire, mais qui resurgit à intervalles réguliers. Dans les photos de Robert Frank, ce Paris est d'une incroyable modernité. A moins que ce ne soit son regard à lui qui n'ait jamais, jamais, jamais vieilli.

Robert Frank, Un Regard Etranger, Paris / Les Américains. Au Jeu de Paume, Concorde, Paris. Du 20 janvier au 22 mars 2009.
Photo : Robert Frank, Paris 1949 - 1952, © 2008 Robert Frank

Expo

Jusqu’au 23 décembre prochain, les travaux de Walker Evans et Henri Cartier-Bresson à la Fondation HCB sont réunis autour du thème “Photographier l’Amérique, 1929-1947″.

L’exercice peut paraître surprenant tant les travaux les plus connus de Cartier-Bresson concernent assez peu le territoire américain alors que l’ensemble de l’œuvre de Walker Evans se déroule dans ce pays. De plus pour la période choisie, le photographe américain a déjà réalisé l’essentiel de son œuvre alors que Cartier-Bresson n’a pas entamé la période “Magnum” de sa carrière. On aurait pu supposer que le thème et la période aurait avantagé nettement l’accrochage et la mise en valeur des travaux du photographe américain.

 C’est en partie le cas, la sélection de photographies d’Evans étant très proche du contenu d’”American Photographs”, œuvre fondatrice de la photographie documentaire américaine. Mais ce déséquilibre n’est jamais criant. A aucun moment, les travaux du créateur de Magnum ne se laissent éclipser par l’impact des travaux du maître américain. C’est là le grand mérite des commissaires de l’exposition qui démontrent que la vision de l’Amérique de Cartier-Bresson s’inscrit en partie en référence à l’œuvre de Walker Evans. Mais le photographe  français ne s’y perd pas, il élargit sa quête à des parties du territoire ignorées de Walker Evans (Los Angeles, Nouveau Mexique…). Il y affirme constamment sa propre personnalité avec une photographie ouverte, qui respire, centrée sur les gens et où le décor agencé dans un souci d’équilibre intervient comme une contextualisation et non comme sujet. Inscrite dans l’héritage du surréalisme et l’influence de Matisse, l’image de Cartier-Bresson privilégie le mouvement, l’humain, le présent.

Chez Evans, l’humain est rarement associé à son environnement urbain. C’est l’habitat ou le prélèvement d’un micro décor qui sert de cadre aux visages et aux corps photographiés. Les éléments se concentrent et se bousculent dans le souci manifeste de transmettre le plus grand nombre d’informations visuelles pour construire l’amorce d’un récit. Un récit soucieux de l’essentiel et qui écarte systématiquement l’anecdotique ou le décoratif. Les prises de vue des rues révèlent une superposition d’architectures, de paysages, de détails urbains et de rares personnages qui se tassent sans la moindre recherche de dynamisme. Walker Evans est le photographe d’un territoire et d’une vision historique de l’Amérique, mais comparée à Ansel Adams, cette vision, loin de toute construction paysagère, est privée des mythes et de l’appel au sublime. Le ciel disparaît, les grands paysages sont obstrués par des carcasses de voitures en décomposition, Cape Code et les bords de mer sont bouchés par les personnages au premier plan. Chez Evans, tout est installé, tassé dans le souci de fusionner les éléments, de créer un ensemble ne pouvant exister que dans son unicité et non pas dans un assemblage.

Au final, c’est ce qui sépare les deux hommes, et l’exposition le démontre à merveille lorsque arrivent en fin de parcours les photographies prises par les deux maîtres à la Nouvelle Orléans. Chez Evans, le barbier (qui est une “barbière”) pose devant sa devanture décorée de motifs linéaires, en haut un balcon en fer forgé. Ces motifs ne cherchent pas l’évocation, ils participent à un ensemble posé, installé, comprimé contribuant à rendre l’image d’une Amérique historique, immuable et hors de portée de l’Homme . A cet instant, il semble qu’intervient une « crise » chez HCB, cette Amérique là ne l’intéresse pas. L’architecture coloniale, les ornements des balcons font rejaillir l’attrait du motif. Les personnes, brunes et noires, jouent aux cartes dans la moiteur de l’atmosphère de la ville. L’architecture sert autant de décor que de motif à une composition où les corps s’agencent comme dans une danse. HCB reprend son autonomie et annonce les métamorphoses du reporter à venir, la découverte de l’Egypte, de l’Inde et les chorégraphies des foules lors de l’enterrement de Ghandi.

C’est au final ce qui ressort le plus de cette exposition et ce que souligne Jean-François Chevrier dans le passionant essai rédigé pour le catalogue de l’exposition, l’Amérique d’Evans est le thème d’une œuvre que le photographe construit avec une réelle conscience de cet objectif. Pour Cartier-Bresson, il s’agit d’une étape constitutive d’une œuvre qu’il ne se souciera jamais de construire (lire aussi le texte de Michel Poivert).

A ce titre, le colloque de quatre jours, intitulé “Revoir Henri Cartier-Bresson” faisait intervenir autour d’Agnès Sire de nombreux historiens et conservateurs : Peter Galassi, Michel Poivert, Jean-François Chevrier…. Ce dernier, ayant souvent précisé que sa carrière fut faite contre un certain dogme Cartier-Bressonien, sa présence signifie donc le retrait du dogme et l’amorce d’une approche historienne et scientifique autour d’une œuvre qui reste à bâtir.

Assia Naïl